Mark Hunyadi, philosophe

Né en 1960 à Genève de parents qui s’étaient réfugiés de Hongrie quatre ans plus tôt, Mark Hunyadi est actuellement professeur de philosophie sociale, morale et politique à l’Université catholique de Louvain (Belgique). Il a fait ses études à Genève, Paris et Francfort, avant d’obtenir son doctorat à Genève en 1995 (direction : Jean-Marc Ferry). Il fut professeur de Philosophie morale et appliquée à l’Université Laval de Québec de 2004 à 2007. Outre sa tâche d’enseignement, il dirige à l’UCL le Centre de recherches Europé.

Au temps de sa formation doctorale, il a été profondément influencé par l’œuvre du philosophe allemand Jürgen Habermas, auprès duquel il a travaillé deux ans à Francfort, et dont il a d’ailleurs traduit deux livres en français (De l’éthique de la discussion, et Textes et contextes, les deux au Cerf). Mais dès ses premières publications dans les années 1990, ses travaux se sont orientés dans la double direction de la philosophie morale fondamentale (aboutissant notamment à L’Homme en contexte, Paris, Cerf, 2012) et de la philosophie dite appliquée (Je est un clone, Paris, Seuil, 2004). Toutefois, il ne traite jamais celle-ci que comme la porte d’entrée vers la réflexion éthique fondamentale, considérant par exemple que la bonne bioéthique est toujours une métaéthique, c’est-à-dire une réflexion sur les concepts mêmes qui permettent de penser l’éthique du vivant.

Dans son ouvrage La tyrannie des modes de vie (Lormont, Editions du Bord de l’Eau, 2015), Mark Hunyadi met en évidence ce qu’il appelle « le paradoxe moral de notre temps », à savoir que nous autres individus réputés libres subissons en fait la tyrannie de modes de vie qui nous échappent complètement. Sa thèse est que l’éthique libérale est mécaniquement responsable de cette emprise du système sur nos vies, puisque l’individualisme qu’elle défend implique, dans son principe même, un retrait éthique du monde.

Il poursuit cette approche critique du libéralisme dans un livre (à paraître à l’automne 2018) sur le posthumanisme (éd. Les Belles Lettres, coll. Médecine & Sciences humaines), et l’approfondira dans un livre de philosophie sociale fondamentale (à paraître également) consacré à la confiance.